A côté de la revue qui a pour fonction fondamentale de publier ou de transmettre des connaissances qui sont élaborées au moyen des démarches scientifiques ayant résisté aux épreuves de la recherche et de la critique épistémologique, les Universités Haïtiano-Antillaises procèdent d'une autre forme de construction du savoir. Nous constatons, par ailleurs, qu’une telle visée fixée à la revue ne manquera pas de cohérence, prenant en compte le nombre considérable de recherches qui sont menées, et qui nous sont parvenues. Ainsi, nous avons jugé bon d’étendre le CRENEL en le dotant d’un autre organe qui s’inscrit dans la droite ligne de son idée directrice : promouvoir la recherche en vue de mieux comprendre et habiter notre réel régional et mondial. En plus des recherches qui feront l’objet de nos publications, certaines études vont constituer un lieu d’élaboration et de transmission de savoirs. C’est l'objectif qui est assigné aux Universités Haïtiano-Antillaises.
Les articles publiés par la revue Recherches Haïtiano-Antillaises, en dépit de leurs qualités méthodologique et heuristique, suscitent un débat silencieux chez un lectorat généralement placé dans un dialogue plus imaginaire que réel entre lui et l’auteur. Celui-ci aussi court le risque de s’enfermer dans un sentiment d’autosuffisance, de complétude, puisque son travail n’a pas été éprouvé par d’autres points de vue. L’espace de la revue, malgré les mérites qu’il faut lui reconnaître, en mettant à la disposition de tous des recherches récentes en sciences humaines portant sur l’aire caribéenne, crée l'illusion d’un dialogue imaginaire au cours duquel les idées sont plus prêtées qu’assumées ; à ce problème nous y remédions par l’institution d’un autre organe, les Universités Haïtiano-Antillaises, dont l’objectif est d’inaugurer un espace de confrontation effective des chercheurs face à un public averti, un espace de dialogues, d’échanges qui conduiront à l’élaboration d’un savoir éprouvé.
Mettre en scène des universitaires confirmés qui, par leur longue expérience d’application de méthodes, exposeront à titre d’exemples ou de modèles les démarches qui ont modulés leurs travaux. Professeurs et chercheurs dont le rôle est avant tout d’inscrire dans une dynamique d’enseignement leur expérience, et de mettre à l'épreuve cette expérience par le dialogue. Il s’agit aussi de mettre en scène de « jeunes chercheurs » qui ont certainement besoin d’un espace d’échanges qui leur permettra de consolider par la controverse les pas balbutiants dans la voie «meta- odos » de la connaissance rigoureusement construite. Les Universités Haïtiano-Antillaises visent donc à circonscrire un lieu où le savoir s’élabore par une pluralité vivante.
Paris, vendredi, 13 mai 2005Résumé
"Je poursuis mes enquêtes sur la présence haïtienne à Cuba, ses différentes origines historiques,
et ses différents modes d'intégration. En particulier, à Santiago de Cuba, je compléterai
mes enquêtes sur la Tumba francesa,
ainsi que sur la curieuse "identité française" de cette ville. Cet exemple me
paraît idéal pour illustrer la thèse que, contrairement à ce que pensent trop
volontiers les esprits hâtifs, "l'identité n'est nullement assimilable à une
éventuelle prise de conscience immédiate de ce que serait l'essence (?) d'une
collectivité, mais au contraire une élaboration purement idéologique prenant
éclectiquement appui sur certains aspects - nécessairement anecdotiques - du
réel, afin de favoriser l'éclosion, puis l'entretien, d'un sentiment de cohésion
permettant de passer outre aux discordances qui forcément traversent toute
collectivité.
Professeur André-Marcel d'Ans, Université de Paris 7 - Denis Diderot / France
Vendredi 18 novembre
2005 à 18h00 Cité Internationale Universitaire Résidence Lucien Paye
45 B, Bd Jourdan 75014 Paris RER B Cité Universitaire
Résumé
"Les trois romans de Frédéric Marcelin (1848 -1917) : Thémistocle-épaminondas Labasterre
(1901), La Vengeance de Mama (1902) et Marilisse (1903) l'ont fait ranger parmi les
"romanciers nationaux"
(ou "romanciers réalistes") haïtiens, qui, pendant les dernières années du XIX
ème siècle et
le début du XXème, furent les premiers à s'inspirer de la réalité
quotidienne de leur pays.
Marcelin fut également un journaliste de talent, un essayiste qui maniait aussi
bien l'ironie que l'indignation,
et un homme politique : à différentes époques de sa vie, il siégea à la chambre
des députés, et dirigea les
ministères des affaires étrangères et de l'économie.
Je me suis proposé de présenter cet écrivain trop peu connu, en me penchant
sur ses écrits polémiques autant
que sur ses romans. J'espère montrer, le temps de cette conférence, combien
cet écrivain, engagé s'il en fut
jusque dans ses œuvres de fiction, a illustré, tout en la critiquant,
l'idéologie de la classe dirigeante de
son époque, et à quel point nombre de ses analyses pourraient s'appliquer
à la réalité haïtienne contemporaine."
Professeur Léon François HOFFMANN, Université de Princeton / états-unis
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